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28/02/12

De: Bernard BORDIER suite...
BISON futé
 

De Bernard Bordier   Président de l’ARUP

 En 2006 j’avais fait un travail de recherche sur la capacité d’encombrement en amont et en aval du péage, les jours de grande affluence. J’essayais de calculer à partir de quelle quantité  de véhicules  attendant au péage, la situation de blocage était atteinte. J’ai trouvé sur internet à la suite d’un article de Gilles Pagès un essai d’un professeur de l’Université de Bruxelles que j’ai considéré avec sérieux et en même temps comme une histoire Belge. 

J’ai tenté de l’appliqué au calcul d’écoulement des véhicules sur le pont de Ré, mais mes connaissances mathématiques ne m’ont pas permis d’arriver au bout du calcul. Dans son exposé, le Professeur introduit un facteur C que je ne retrouve pas en donnée pour achever le calcul. Il y a-t-il un mathématicien dans les lecteurs de  Ile2re.info qui puisse l’expliquer ? 

Ceci peut paraître ennuyeux, mais j’ai trouvé qu’on pouvait appliquer une certaine forme d’humour (dont je n’évalue pas le degré) aux éternels discours sur l’envahissement de l’île de Ré et aux solutions « abracadabrantesques » proposées par certains, mais qui ne reposent sur aucune démonstration, sinon scientifique, mais au mois pratique.

Suite à cette proposition de calcul, j’ai tenté d’éclaircir la situation dans une étude sur les flux que je proposerai en complément à ce qui suit, et qui date aussi de la même année (2006). Je ne pense pas que le problème ait foncièrement changé en 2012.

 

Mathématique du secondaire

 

Xavier Hubaut, professeur émérite - Université Libre de Bruxelles

Xavier Hubaut - Professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles

Bison futé et les bouchons

 Les vacances approchent et avec elles les traditionnels "bouchons".

Voila une réalité tout à fait concrète qui se prête à mathématisation.
Comme dans tout modèle, la réalité est tellement complexe qu'il faudra faire quelques hypothèses simplificatrices (dont certaines pourraient éventuellement être levées par après).
Nous supposerons donc que toutes les voitures sont pareilles, roulent à vitesse constante et à distance constante. Schématiquement voici la situation:


Quels sont les problèmes ?
Tout d'abord on veut avoir un débit maximum, c'est-à-dire que le plus grand nombre possible de voitures s'évacuent.
Une manière de faire est de rouler très vite. Mais alors le risque de collision augmente. Il faut donc réserver une distance suffisante entre deux voitures consécutives.
Si les voitures roulent très lentement, cette distance pourra être fort courte, mais comme la vitesse est faible peu de voitures s'écouleront.
Donc il faut augmenter la vitesse des voitures, mais alors augmenter la distance entre elles. On voit qui si on augmente trop la vitesse, comme la distance de sécurité augmente encore plus, en fin de compte le débit se ralentira. Il s'agit de trouver la vitesse optimale.
Mettons tout cela en forme.
Appelons v (en km/h) la vitesse des voitures, l (en m) la longueur d'une voiture et L(en m) la distance entre les arrières de deux voitures consécutives.

 

 

 

A ces variables il faudra encore ajouter D, le débit, et t, le temps de réflexe nécessaire pour freiner.

Qu'est-ce que le débit D ? C'est le nombre de voitures qui franchissent une ligne fixe dans un intervalle de temps T (généralement mesuré en heures). La première voiture roule à une vitesse v et parcourt donc pendant le temps T heures la distance de v.T km; comme les voitures se suivent à une distance L (en m) et au bout de T heures il y aura v.T km/L m = 1000v.T/L voitures qui seront passées. Notons D le débit D par heure; il est donc proportionnel à v/L; D = Cv/L.
Nous ne pouvons évidemment pas jouer sur la longueur l des voitures, mais bien la distance L entre voitures. Toutefois cette distance ne peut être inférieure à la distance de sécurité nécessaire pour le freinage.
Un freinage efficace doit pouvoir immobiliser le véhicule, c'est-à-dire annuler son énergie cinétique. On sait que l'énergie cinétique vaut mv2/2 et donc la distance de sécurité contiendra une partie proportionnelle au carré de la vitesse.
Quelle sera cette distance de freinage ?
A la partie proportionnelle au carré de la vitesse il faudra ajouter la distance parcourue suite au temps de réaction. Cette distance devra être inférieure à L -l afin de ne pas heurter, avec l'avant, l'arrière du véhicule précédent.
Cette distance vaut Kv2 + tv et doit être inférieure ou égale à L-l.
On a donc (au mieux !) Kv2 + tv + l = L
Mais on sait que le débit D vaut Cv/L
Il vient donc:

D = Cv/(Kv2 + tv + l)

 

Comment optimiser les choses ?

Pour qui connaît les dérivées les choses sont simples: on recherche le maximum de D fonction de v. On trouvera ainsi la vitesse optimale vopt et le débit maximum Dmax.
Annulons la dérivée première et nous obtenons: v2 = l/K. Comme la vitesse est positive vopt = (l/K).

Si nous ne connaissons pas les dérivées, réfléchissons un instant.
Comment varie la fonction D ? Ou plus simplement comment varie 1/D ?

1/D = (Kv2 + tv + l)/Cv

ou encore, en effectuant la division

1/D = Kv/C + t/C + l/Cv


C'est donc la somme d'une fonction linéaire (Kv + t)/C et d'une fonction inverse l/Cv.

Représentons graphiquement en bleu une droite (de pente et d'ordonnée à l'origine positives) et une hyperbole.
L'allure de la fonction 1/D correspond donc schématiquement à la courbe tracée en rouge.
Celle de D est représentée par celle dessinée en vert.
Il y aura donc bien un débit maximum correspondant à une valeur optimale de la vitesse.

Au lieu de nous entêter à calculer la valeur du débit D, nous pouvons plutôt nous intéresser à la vitesse v.
La relation entre v et D est:

KDv2 + (Dt - C)v + Dl = 0


Nous en déduisons une équation du second degré qui nous permettra de calculer v:
A première vue il y aurait deux solutions pour la vitesse ?

Mais dans un problème réel il faut tenir compte de la nature des grandeurs. La vitesse v doit être une grandeur positive !
Le produit des racines de l'équation du second degré donnée est positif, ce qui indique des solutions de même signe mais encore faut-il que la somme de ces solutions soit également positive.
Cette somme vaut -(Dt - C)/KD. La condition est donc Dt-C < 0. A moins d'avoir de très mauvais réflexes, t est très petit et cette condition sera pratiquement toujours vérifiée.

Mais, au fait, est-on certain que l'équation possède des solutions ?. Pour vérifier, calculons le discriminant qui doit être positif ou éventuellement nul:

(Dt - C)2 - 4 KD2l 0
(Dt - C)2
4 KD2l


et donc comme Dt - C doit être négatif,

Dt - C -2D(K/l)


Ce résultat nous permet de calculer le débit D:

D C/[t + 2(Kl)]


Au mieux on aura le signe d'égalité.

Dmax = C/[t + 2(Kl)]


Mais dans ce cas, comme le discriminant est nul, l'équation possède deux solutions confondues et on obtient la vitesse optimale assurant le débit maximum:

v = -(Dt - C)/2KD avec D = Dmax

D’où l'on déduit:

vopt = (l/K)

On connaît évidemment la longueur l des voitures, et la constante K peut être calculée en utilisant les données de la sécurité routière où l'on trouve les distances de freinage en fonction de la vitesse. Il suffit de se rappeler que nous avions posé ces distances égales à Kv 2.

Lorsqu'on calcule le résultat numérique, on voit qu'il y a intérêt à suivre les conseils de "Bison futé", ou alors, à ne pas être pressé !

d'après un article de Gilles Pagès

 

 

Pour nous contacter :
xavier@hubaut.info
© Xavier Hubaut
1995-2005   PS :  j’ai essayé de contacter Xavier Hubaut par mail , mais il ne m’a jamais répondu

  

De Bernard BORDIER   le 26/09/06

 

Que Va-t-il se passer si le pont est gratuit

Exposé sur l'écoulement des véhicules pour accéder à l'île de Ré

 

RISQUES D'ENGORGEMENT AU PEAGE

 

PRINCIPE SIMPLE

 

La superficie des deux entonnoirs se regardant par la grande base de leur cône est évaluée à

20 000 M² en amont et à 15 000 M² en aval 

 

1 VEHICULE = 12M2

 

 

Ceci représente une capacité de stockage d'environ 1700 véhicules en amont et 1250 véhicules en aval.

 

Ces deux capacités de stockage sont séparées par un filtre qui est la barrière des cabines de péage.

Le remplissage en amont se fait par le petit orifice de l'entonnoir qui est égal à une  voie

Le débit en aval se fait par l'autre petit orifice de l'entonnoir opposé qui est égal à une  voie

 

J'ai trouvé sur Internet un exposé remarquable qui s'appelle :

 

Bison futé et les bouchons

Issu d'un article et réalisé par un professeur de mathématiques Belge , Xavier HUBAUT,  qui tente de résoudre les problèmes de bouchons d'une manière scientifique . Il pose quelques questions et donne des définitions telles que :

 

Qu'est-ce que le débit ? C'est le nombre de voitures qui franchissent une ligne fixe dans un intervalle de temps T (généralement mesuré en heures).

Conditions du problème :

 

Tout d'abord on veut avoir un débit maximum, c'est-à-dire que le plus grand nombre possible de voitures s'évacuent.
Il dit, je cite :

 

"Une manière de faire est de rouler très vite. Mais alors le risque de collision augmente. Il faut donc réserver une distance suffisante entre deux voitures consécutives.
Si les voitures roulent très lentement, cette distance pourra être fort courte, mais comme la vitesse est faible peu de voitures s'écouleront.

 

Donc il faut augmenter la vitesse des voitures, mais alors augmenter la distance entre elles.

On voit que si on augmente trop la vitesse, comme la distance de sécurité augmente encore plus, en fin de compte le débit se ralentira. Il s'agit de trouver la vitesse optimale."

Après une démonstration de calcul avec des  équations du second degré ou un calcul
par dérivées qui pour lui parait plus simple, il en arrive à la conclusion suivante :

 

Lorsqu'on calcule le résultat numérique, on voit qu'il y a intérêt à suivre les conseils de "Bison futé", ou alors, à ne pas être pressé !

 

On peut donc dire sans beaucoup de chances de se tromper qu'il est impossible de réguler et d'améliorer les encombrements puisque la vitesse est fonction du nombre de véhicules passant par le filtre et s'écoulant par un orifice calibré lequel donne le débit .

En amont le problème se traduit par une file d'attente qui s'allonge sur la rocade puisqu'on passe sur une seule voie.

La conclusion est que de ce côté il ne sert à rien d'augmenter le nombre de voies d'accès, puisque :

ð     la capacité de stockage est limitée

ð     le filtre du péage ne peut pratiquement pas augmenter son temps de perception

ð     Le débit est limité par le stockage en aval et le débit de la voie de sortie unique.

 

Pour les retours, le péage n'existant pas en sortie de l’île, il est possible d'améliorer

l’écoulement en doublant les voies en sortie du pont côté BELVEDERE, ce qui permettrait de désengorger plus rapidement le rond point de RIVEDOUX

 

QUESTIONS ET REMARQUES

R : le record connu de passages est de 15 637 véhicules le jour du 08 Mai 2002 et que la moyenne de passage en période estivale était en 2003 de 9 865 véhicules /jour 

avec un  record horaire de 1317 véhicules ( 22 véhicules à la minute)

 

R: 1317 véhicules correspondent  à la capacité de stockage aval estimée de l'entonnoir

( 1250 Véhicules) …coïncidence ?

 

R : En sachant que les prévisions suivant le graphique de prévision d'augmentation de 2,5 % donnent à fin 2011 :

ð     un nombre de passages de 3 400 000 de véhicules ANNUEL

Avec l'augmentation en période estivale calculée sur 60 jours par rapport aux chiffres de 2003 cités plus haut de 9 865 véhicules /jour soit 21, 3 % du trafic annuel on obtiendrait :

 

ð     un nombre de passages de 15 500 véhicules /jour égal au record de 2002,  l’augmentation de passages entre la moyenne journalière annuelle et la moyenne journalière estivale est de + 29,09% en général.

R : d'après des sources officielles (Monsieur PERRY) lors de l'application de la gratuité pour le pont d’OLERON  le nombre de passages a augmenté de 30 %

 

ð     On peut supposer que le nombre de passages sur le pont de Ré serait de l'ordre de

4 400 000  par an en 2012, soit 12 000 par jour, donc en période estivale une fréquence       journalière de 15 500 véhicules,

 Par contre nous sommes incapables de dire comment se ferait la répartition entre les différentes catégories

 

Q : Est-ce un point de saturation qu'on ne peut pas dépasser ?

Q : Cette situation si elle se révélait exacte serait elle supportable ? 

En réalité on peut considérer ces chiffres comme pessimistes car les graphiques issus des chiffres officiels en notre possession montrent que l'augmentation des deux dernières années

connues  pour 2003 et 2004 sont respectivement  de 1,73%  et  2,42 %.

J'ai pu obtenir des chiffres en temps voulu de la direction du pont qui confirment la tendance pour 2004 avec 2,16 % pour 2005 et on peut considérer que la tendance " à la baisse de l’augmentation "  se confirme (voir transparent) qu’en sera t il pour 2006 ?

Ceci tendrait –il à prouver que le péage se révèle malgré tout dissuasif ?

 

Quid de la gratuité ?   Est-elle vraiment une calamité

 

En 1999 le produit des péages était de 119, 437 MF et la part  de l'écotaxe était de  2,346 MF soit à peine 2%.