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Un petit billet pour exprimer une crainte.
Notre île a su préserver l’allure de son
habitat et ce malgré la vague de constructions nouvelles,
les rénovations « lourdes ».
Les prescriptions d’urbanisme, nombreuses,
très détaillées et « impératives », ont certes un peu figé
l’image de nos villages mais on voit bien que cette rigueur
a son heureuse contrepartie car tout visiteur apprécie leur
allure, leur qualité.
Rhétais de souche ou d’adoption, on ne peut
qu’en être fiers.
Mais…
C’est au niveau des routes, des rues, des
places que cela semble sérieusement se gâter depuis quelques
années et ça s’accélère…
Pour faciliter la circulation des milliers de
voitures, de milliers de vélos ou, même, je le crains, tout
simplement pour suivre une mode qui a déjà envahi nos grande
villes, l’aménagement des espaces publics défigurent ce qui
a été sauvegardé au niveau de l’habitat.
Partout, trottoirs trop larges, carrefours et
ronds-points gigantesques et piquets « anti stationnement
sauvage » d’un mètre cinquante.
Une horreur !
Que restera-t-il, bientôt, de la « rue de
carte postale » que l’on préserve vigoureusement par les
matières, les formes et les couleurs, si, au premier plan,
au niveau de nos yeux, se dresse un jeu de quilles
métalliques émergeant du béton ? Si nos roses trémières sont
empotées tous les trois mètres dans du « gravillon lavé » ?
Il est vrai que les touristes ont pris
l’habitude de slalomer en ville mais est-on obligé de
dénaturer l’île parce que les bureaux d’études ne font pas
preuve d’imagination pour adapter leurs projets à un paysage
particulier et très sensible ?
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